Les réponses sur les deux volets de l'appel à projets du PIA3 (Plan d'Investissement d'Avenir) sont désormais connues :

  • sur le 1er volet « nouveaux cursus universitaires », le jury a octroyé à l'Université de La Rochelle (ULR) 5 597 000€ pour une durée de 10 ans sur un projet initialement budgété à 10 M€ et relatif à un financement de pratiques déjà en cours (Projet Professionnel Personnalisé, Master Cursus Master en Ingéniérie, nouveaux parcours licence, pédagogie différenciée...)
  • sur le 2nd consacré au « changement de cap » de notre université (Sud-Ouest, 25 septembre 2017), le jury n'a pas retenu le projet de l'ULR. Seuls 29 projets portés par 20 universités ou écoles sur 191 examinés ont été sélectionnés ; et en même temps seuls trois projets concernent des universités de taille moyenne (Université de Pau et des Pays de l'Adour, Université de Bretagne Occidentale et Université du Maine), mais aucun n'émanant d'une petite université. Les projets sélectionnés ne concernent donc que des grosses universités, 13 vont conforter des LABEX et plusieurs intègrent les Sciences Humaines et Sociales (SHS).

Les personnels de l'université de La Rochelle (ULR) s'étonnent d'être informés de leur avenir par voie de presse. Le président Ogier a en effet accordé une interview à Sud-Ouest publiée le lundi 25 septembre 2017 dans laquelle il laisse entendre que :

  • le Programme Investissement d'Avenir (PIA 3) ne sera pas attribué alors qu'il constituait la justification même de la modification de l'organisation de l'université en institut, école et collegium
  • les Sciences Humaines et Sociales (SHS) seront sacrifiées sur l'autel des finances publiques, car n'étant "pas pléthoriques".

En janvier dernier, la FSU 17 s’inquiétait de l’avenir de l’université de La Rochelle, à la fois pour ce qui concerne ses moyens de fonctionnement et pour sa nouvelle offre de formation à la rentrée 2018. Le président Ogier a eu depuis l’occasion de reconnaître les difficultés auxquelles l’ULR doit faire face, il a admis que depuis la mise en place de la loi sur l’autonomie des universités, la situation matérielle de l’établissement s’est détériorée chaque année davantage à cause d’une allocation des moyens insuffisante. Il s’agit pour lui des conséquences « d’un système à bout de souffle ». Aujourd’hui, en dépit des gels de postes d’enseignants et enseignants-chercheurs, d'une augmentation des effectifs d’étudiants dans certains groupes de TD et de la réduction de l’offre de formation, la situation reste extrêmement tendue.

La loi du 22 juillet 2013, entérinée par le gouvernement Ayrault dans la droite ligne de la loi LRU du gouvernement Fillon, a terminé le processus d'inféodation des universités à un pouvoir centralisé. L'université, lieu de débat démocratique et de gestion collégiale, a cédé la place à un mode de gouvernance où le président est devenu un manager et où ses décisions prises unilatéralement dans un bureau présidentiel d'obligés ne sont plus l'émanation de ses pairs.