La loi du 22 juillet 2013, entérinée par le gouvernement Ayrault dans la droite ligne de la loi LRU du gouvernement Fillon, a terminé le processus d'inféodation des universités à un pouvoir centralisé. L'université, lieu de débat démocratique et de gestion collégiale, a cédé la place à un mode de gouvernance où le président est devenu un manager et où ses décisions prises unilatéralement dans un bureau présidentiel d'obligés ne sont plus l'émanation de ses pairs.

Nous nous sommes opposés tout d'abord à cette nouvelle loi dont le seul but final sera de remplacer, à moyen terme, les universités de proximité en collège universitaire. Les paramètres d'ajustements se feront tout d'abord sur les masters à petits effectifs au nom d'une sacro-sainte rentabilité et au détriment de niches qui reflétaient la richesse de nos formations.

La loi ayant été adoptée, non sans mal, notamment au sénat où de nombreux amendements ont été ajoutés par nos élus soucieux de l'équilibre territorial de notre pays, nous avons émis très tôt le souhait de choisir le mode de rapprochement associatif. L'argumentaire ministériel distribués en éléments de langages à la CPU et aux présidents a été de dire que c'était le mode de gestion le moins attractif alors qu'il avait justement été ajouté par les sénateurs pour garantir une plus grande liberté des universités. On aurait pu imaginer une association d'universités avec une présidence tournante comme fonctionne actuellement la présidence de l'union européenne. Cela n'a pas été le choix de l'équipe présidentielle.

Dans un second temps, le président de la république a émis le souhait d'une grande réforme territoriale avec un rapprochement des régions pour aboutir, en ce qui nous concerne, à une grande région Sud-Ouest qui n'englobe pas la région Centre. Nous pensions alors que le bon sens aurait guidé nos présidents et que nous nous serions revenu soit à une COMUE ne comprenant que Poitiers, Limoges et La Rochelle, soit à rejoindre les universités bordelaises. Le choix présidentiel a été de continuer sur le projet lancé en arguant que cela n'engendrerait aucunes difficultés. Je laisse le soin à chacun d'imaginer les négociations des financements régionaux lorsque la Grande Aquitaine nous rétorquera que le positionnement géographique de notre COMUE n'est pas clair.

Enfin, concernant la gouvernance de cette nouvelle COMUE, un soin tout particulier a été apporté pour éviter une trop grande représentativité des personnels: elle est à son plus bas niveau possible selon la loi. Les statuts et le mode d'élection ne permettront en aucun cas à tous les membres de cette COMUE d'avoir un représentant BIATSS.

Toutes ces raisons nous ont poussé à voter seuls CONTRE ces statuts en CA. Nous avons suivis en tout point notre comité technique et ceux des autres universités. L'inadéquation entre les pouvoirs présidentiels et les votes des comités techniques illustrent de manière éclatante notre premier propos: la déconnexion des présidents d'université et celles de leurs personnels.