En janvier dernier, la FSU 17 s’inquiétait de l’avenir de l’université de La Rochelle, à la fois pour ce qui concerne ses moyens de fonctionnement et pour sa nouvelle offre de formation à la rentrée 2018. Le président Ogier a eu depuis l’occasion de reconnaître les difficultés auxquelles l’ULR doit faire face, il a admis que depuis la mise en place de la loi sur l’autonomie des universités, la situation matérielle de l’établissement s’est détériorée chaque année davantage à cause d’une allocation des moyens insuffisante. Il s’agit pour lui des conséquences « d’un système à bout de souffle ». Aujourd’hui, en dépit des gels de postes d’enseignants et enseignants-chercheurs, d'une augmentation des effectifs d’étudiants dans certains groupes de TD et de la réduction de l’offre de formation, la situation reste extrêmement tendue.

Pour autant, le président Ogier ne remet toujours pas en question un tel système. Au contraire, il estime que l’optimisation des moyens et les appels à projets, notamment dans le cadre du PIA (Plan d’Investissement Avenir), donnent une partie de la réponse, l’autre étant la Nouvelle Offre de Formation (NOF) autour d’un thème central « les villes littorales durables » déclinés en 3 axes stratégiques – environnement, transformation numérique et bâtiment durable (Cf. l’article de SO du mercredi 14 juin 2017).

Dans ce contexte difficile, les conditions de travail de nos collègues se dégradent, en particulier pour les personnels non-enseignants (administratifs, agents, bibliothécaires…), qui subissent de plein fouet les conséquences de la nouvelle gestion des comptes de l’Etat (GBCP). Cette politique, sous couvert d’efficacité, n’est en fait qu’une « usine à gaz » inefficace. Les collègues sont en effet désemparéEs car leurs missions sont remises en question sans pour autant que l’organisation de leur service, leur laboratoire ou leur département n'en soit améliorée. D’autre part, le volume horaire de la licence qui est aujourd’hui de 1500 h, passera dans la NOF à 1200 h encadrées, et 300 h de TEA (Travail en autonomie), sous-couvert d’innovation pédagogique. Dans le même temps, bien que le président de l’Université affiche la valorisation de l’ouverture internationale et les partenariats avec les pays étrangers, une réduction significative du nombre d’heures d’enseignement en Langues Vivantes est annoncée dans plusieurs formations. De plus, la disparition des UFR au profit de départements/d’instituts transversaux signe la disparition de certaines formations juridiques ou Sciences Humaines et sociales (SHS) qui ne correspondront plus aux nouveaux axes stratégiques. Quid alors de l’avenir de l’enseignement de l’histoire, du droit et des lettres à La Rochelle ? Enfin, l’ouverture d’une Graduate School sur le modèle élitiste anglo-saxon instaure un enseignement supérieur à deux vitesses dans une université qui compte 46% d’étudiants boursiers.

La conclusion de notre dernier communiqué garde toute sa pertinence. Devons-nous nous inspirer du modèle anglo-saxon pour faire réussir nos enfants ?

La FSU 17 et le Snesup de l’Université de La Rochelle ne le croient pas et réclament :

  • le maintien de l'offre de formation actuelle
  • des moyens suffisants pour assurer le maintien d'une université de proximité de qualité
  • la création de postes d'enseignants statutaires pérennes et l'arrêt du recours à des personnels contractuels

La FSU-17 et le Snesup appellent donc tous les collègues à se mobiliser pour préserver le rayonnement de l’Université de La Rochelle.

Marc BILLARD et Pascal GANDEMER 
co-secrétaires départementaux de la FSU-17