Lundi 12 mars, dans un scénario totalement inédit, le CA de l'Université a été délocalisé à la Sirène, un lieu hautement symbolique. En effet, tenir un CA dans un ancien blockhaus et sous la protection de la force publique est à la fois inexcusable et indigne. Outre la disproportion entre les effectifs des forces de l'ordre et le nombre d'opposants potentiels, cette faute politique décrédibilise durablement le président et son équipe et dévalorise leurs fonctions.

Jean-Marc Ogier a pris le risque de diviser davantage la communauté universitaire sur injonction de la ministre. En effet, seul le préfet a autorité pour imposer le respect de l'ordre public. La ministre a-t-elle craint que son prototype de « nouvelle université » soit fragilisé par un CA chahuté ? La lettre de soutien de la ministre Frédérique Vidal, ancienne présidente de l'Université Sophia-Antipolis, chantre des masters payants, était assez explicite.

Notre président peut bien vanter le « vivre ensemble » à l'occasion des 25 ans de l'Université, il a fait la démonstration que l'Universitas sur le territoire rochelais a vécu.

Si toutefois, au terme de son mandat, Jean-Marc Ogier souhaitait se représenter, encore eût-il fallu qu'il ait alors fait voter des statuts pour sa nouvelle mouture d'université. En effet, le terme « institut » comporte son lot d'ambiguïtés. Le code de l'éducation contraint fortement les gouvernances possibles et notamment dans le cas d'un Institut, dont la présidence revient à une personnalité extérieure (art. L 713-9 du code de l'Éducation). Que le président ne nous l'a-t-il expliqué au cours des derniers mois. Il est donc prématuré de penser que cette « nouvelle université » sera conforme aux souhaits des imprudents qui ont voté en faveur du Projet d'établissement.

Ni donneurs de leçons, ni oiseaux de mauvaise augure, les camarades du SNESUP-FSU prennent date : un projet si difficilement accouché et une structure aussi compliquée à mettre en place, dans un contexte financier de plus en plus tendu et une compétition entre établissements, ouvrent la voie à une réduction de notre périmètre universitaire.

Les traces de cet épisode regrettable resteront dans la mémoire collective comme le premier coup de boutoir porté à notre université qui cessera d'être de plein exercice.