La CNIL met en demeure le ministère pour manque de transparence, c'est l'un des épilogues du traitement kafkaïen imposé aux lycéens par le ministère de l'éducation nationale concernant l'admission post-bac. Autant il était possible de comprendre (même si philosophiquement, on peut être contre) l'intérêt d'une telle procédure pour les formations sélectives, autant elle est devenue aberrante lorsqu'elle a ajouté comme corde à son arc la liste des formations non sélectives de l'université.

En désignant l'Algorithme APB comme fautif expiatoire de l'échec de l'accès aux études supérieures, le gouvernement a surtout voulu masquer l'incurie de son financement. Il suffit en effet d'adapter le nombre de places possibles dans les universités à la démographie française en augmentant leurs budgets.

Dans cette histoire, l'informatique a bon dos (je n'écris pas cela parce que je suis informaticien). Mais vouloir faire entrer 1,5 litre d'eau dans une bouteille qui ne peut en contenir qu'un litre ne peut qu'aboutir qu'à des catastrophes, et ce quelque soit l'algorithme retenu...

Il est temps que l'état prenne la mesure de l'accès libre pour chaque citoyen aux études supérieures et qu'il cesse de vouloir trouver des stratagèmes pour imposer comme une évidence la non-gratuité des formations post-bac. La seule question qui vaille est "les études supérieures sont-elles un droit ou un privilège?".

Christophe Demko, secrétaire du SNESUP